Vypracovala: Ing. Martina Liščinská


 

 

Lionel JOSPIN est né le 12 juillet 1937 à Meudon (Hauts-de-Seine). Second d'une famille de quatre enfants, il passe toute son enfance dans la région parisienne, à l'exception d'une période durant l'Occupation. La plupart de ses vacances ont pour cadre le Tarn et Garonne, département d'origine de sa mère. D'abord professeur de Lettres dans un cours complémentaire, puis directeur d'une école spécialisée de l'Éducation nationale pour adolescents en difficulté, le père de Lionel Jospin est un militant actif de la SFIO. Candidat aux élections législatives dans l'Indre à l'époque du Front Populaire, il occupera après-guerre les fonctions de secrétaire fédéral de la SFIO en Seine-et-Marne où la famille habite. La mère de Lionel Jospin, d'abord sage-femme, devient infirmière puis assistante sociale à l'Éducation nationale.

 

Formation

Après des études secondaires à Sèvres, Paris, Meaux puis à nouveau à Paris, Lionel Jospin fait une année de Lettres Supérieures et entre en 1956 à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris. Boursier, il réside alors à la Cité Universitaire d'Antony. C'est durant ces années qu'il commence à militer. Pendant toute cette période, Lionel Jospin travaille l'été comme moniteur de colonies de vacances et s'occupe tout particulièrement d'adolescents en difficulté. Joueur de bon niveau en basket-ball, il pratique ce sport en compétition universitaire et civile.

Obtenant un poste de surveillant à l'ENSEP, Lionel Jospin quitte alors la Cité Universitaire d'Antony et prépare le concours d'entrée à l'ENA, auquel il est reçu en Novembre 1961. Dès ce résultat connu, il effectue son service militaire. Après des classes faites à Trèves et à l'école des officiers de réserve de Saumur, il est versé dans l'arme blindée en Allemagne, comme sous-lieutenant, alors que les accords d'Evian mettent fin au conflit en Algérie. En juillet 1963, il entame sa scolarité à l'ENA, qu'il achève en Juin 1965. De ces deux années d'école, il conserve surtout le souvenir vivant de son stage en entreprise effectué dans les houillères du Nord et du Pas-de-Calais.

Vie professionnelle

A sa sortie de l'ENA, Lionel Jospin intègre le Quai d'Orsay comme Secrétaire des Affaires Étrangères. Affecté à la Direction des affaires économiques, il suit tout particulièrement les grandes conférences multilatérales en matière économique. En 1969, Lionel Jospin prend la décision de rompre avec la carrière de haut-fonctionnaire et de diplomate qui s'offre à lui. Cette rupture est motivée par la volonté de demeurer fidèle à son engagement politique et aux valeurs qu'il souhaite défendre, mais aussi par les événements de Mai 1968 qui lui donnent l'impression de demeurer à l'écart d'une histoire qui bouge. A partir d'Octobre 1970, il est donc détaché du Ministère des Affaires Étrangères, d'abord comme Maître de conférences associé puis comme Professeur associé d'économie à l'Université de Paris XI, où il va diriger un département de gestion de l'I.U.T. de Paris-Sceaux. Il y enseignera 11 ans, jusqu'à son élection, en Juin 1981, comme député de Paris. Après la fin de ses fonctions ministérielles en Avril 1992, Lionel Jospin retrouve statutairement le Ministère des Affaires Étrangères où il était, depuis le 10 Mai 1993, Ministre plénipotentiaire, en mission à l'administration centrale, sans que des fonctions précises lui aient été confiées.

 

Vie militante

La vie militante de Lionel Jospin commence en 1956 avec le refus de la guerre d'Algérie qui motive son adhésion à l'UNEF. Révolté par l'écrasement de l'insurrection de Budapest par les forces soviétiques, critique à l'égard de la politique de la SFIO, il entre en 1958 à l'UGS qui intégrera, à sa création, le PSU, auquel Lionel Jospin adhère en 1960. Après une parenthèse due au service militaire, à la scolarité à l'ENA, puis aux 5 années passées aux Affaires Étrangères, la vie militante active de Lionel Jospin reprend en 1971 avec la fondation du Parti d'Epinay qu'il rejoint par l'intermédiaire de Pierre Joxe. Son adhésion est justifiée par la démarche de rassemblement des socialistes et d'unité de la gauche qui est alors engagée. Militant de base dans le XVème arrondissement, il intègre rapidement le groupe des Experts qui se créé auprès du Premier secrétaire, François Mitterrand, et au sein duquel il s'occupe des relations Est/Ouest. En Juin 1973, au Congrès de Grenoble, il entre au Bureau Exécutif du PS et devient Secrétaire national à la Formation. En 1975, Lionel Jospin devient Secrétaire national au Tiers-Monde, puis en 1979, au Congrès de Metz, Secrétaire national aux Relations Internationales, chargé de la Coordination. En l'absence de François Mitterrand, c'est lui qui préside le Secrétariat National et le Bureau Exécutif. A partir de 1975, il est aussi chargé de suivre le dossier sensible des relations entre le Parti Socialiste et le Parti Communiste Français. Son rôle aux côtés de François Mitterrand est alors déterminant dans la conduite de la stratégie qui conduira à la victoire de 1981.

Le 24 Janvier 1981, au Congrès extraordinaire de Créteil qui désigne François Mitterrand comme candidat du PS à l'élection présidentielle, Lionel Jospin est élu, à l'unanimité du Comité Directeur, Premier secrétaire. Il le restera jusqu'au 12 Mai 1988, date à laquelle il sera nommé Ministre d'État, ministre de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports.

Profondément marqué par la part qu'il n'a pu éviter de prendre lors des difficiles débats du Congrès de Rennes (1990), il prend alors progressivement ses distances avec la vie interne du Parti Socialiste, marquée par des querelles internes et des pratiques qu'il désapprouve. Lionel Jospin démissionnera le 3 Avril 1993 du Comité Directeur et du Bureau Exécutif du Parti Socialiste. Il ne reviendra à la direction du PS que lors du congrès du Bourget, lorsqu'il accepte de participer pleinement à la conduite des Assises de la Transformation Sociale lancées par Michel Rocard et qui permettent à des personnalités de toutes les sensibilités de la gauche et des écologistes de dialoguer pendant un an sur les problèmes de fond posés au pays. Au Congrès de Liévin, il prend la décision de rédiger seul une contribution adressée aux militants, où il dresse un bilan des années de Gouvernement de la gauche et formule des propositions précises de réformes afin de tracer une perspective pour l'avenir.

Le 4 Janvier 1995, il annonce devant le Bureau National du PS sa décision d'être candidat à la candidature à l'élection présidentielle. Le 5 février 1995, après avoir obtenu plus de
65 % des voix des adhérents du Parti Socialiste, il est désigné par le Congrès extraordinaire du PS comme candidat à l'élection présidentielle. Arrivé en tête au premier tour (23,3 %) devant Jacques Chirac et Édouard Balladur, il obtient 47,3 % des voix au second tour, le 7 mai.

A la suite de cette élection, il redevient Premier secrétaire du PS, mais en étant, pour la première fois dans l'histoire du PS, élu directement par les militants, obtenant le score de 94,16 % des voix.

La Convention Nationale du 14 octobre enregistre ces résultats et entérine la nouvelle composition du Secrétariat National du Parti à cette date.