Vypracovala: Mgr. Eva Gutová
En ce début du XXIè siècle, le nombre de mariages religieux est en forte baisse et pendant la bénédiction nuptiale, le prêtre leur a rappelé que beaucoup de couples divorçaient et qu'ils devaient apprendre à s'aimer. "Heureux comme un Dieu en France" dit un proverbe allemand mais les 62 millions de Français se croient-ils heureux? A cette question, ils répondent oui mais...
La société a connu des changements profonds. D´abord, on remarque que les femmes continuent à jouer leurs rôles traditionnels puisque ce sont elles qui coupent les haricots pendant que les hommes jouent aux cartes en buvant du vin rouge! On constate cependant que le petit garçon, lui, aide sa mère et donc, que les femmes transmettent à leurs enfants des valeurs qui permettent aux hommes et aux femmes de mieux partager les responsabilités à la maison et au travail. Si les hommes d'aujourd'hui acceptent de faire les travaux ménagers et s'occupent de l'éducation de leurs enfants, il n'en reste pas moins vrai que la femme française assume la plupart du travail domestique en plus de son travail à l'extérieur.
Depuis le Code Civil de Napoléon Ier qui limitait les droits des femmes, (considérées inférieures), celles-ci ont obtenu de leurs dirigeants le passage de beaucoup de lois en leur faveur et sont maintenant égales aux hommes. En 1945, les femmes peuvent enfin jouer un rôle dans la vie politique de leur pays en obtenant le droit de vote. En 1965 et 67, elles n'ont plus besoin de la permission de leur mari pour travailler ni pour utiliser un moyen de contraception, ayant ainsi le droit de choisir d'avoir des enfants. De 1970 à 1975, la femme n'est plus obligée d'obéir à son mari ni de le suivre comme le devait sa mère. La loi Simone Veil légalise l'avortement. Elle peut se séparer de son mari et divorcer par consentement mutuel. Au travail, la loi lui garantit qu'à travail égal, elle doit recevoir un salaire égal. Si la mère française reçoit depuis longtemps beaucoup d'aide sous la forme de congés maternités payés, d'allocations familiales, d'écoles maternelles gratuites etc. qui lui permettent de mieux concilier carrière et maternité, elle n'a pas encore obtenu que cette dernière loi soit toujours respectée, et l'inégalité salariale reste un problème à résoudre.
L'insertion d'un plus grand nombre de femmes dans le monde du travail est un des aspects nouveaux de la société française contemporaine mais ce qui a aussi changé, ce n'est pas seulement le nombre de femmes qui travaillent mais l'attitude de la femme envers le travail. Comme sa mère et sa grand-mère, la femme française doit continuer par son travail à subvenir aux besoins de sa famille mais aujourd'hui, ayant reçu une meilleure éducation et des diplômes, elle revendique non seulement son indépendance matérielle mais aussi son droit à avoir une profession. Parmi les femmes actives en région urbaine, rester à la maison pour s'occuper de ses enfants n'est plus une marque de statut social, c'est un choix personnel. Tous les droits acquis par la femme, de même que l'accès aux écoles pendant plus longtemps des filles mais aussi des garçons, ont transformé la famille française.
Malgré le nombre de divorces qui a augmenté et qui est de 40% environ, la cellule familiale reste une institution solide et un refuge mais sans les obligations qui la marquaient auparavant. Par exemple, le repas de famille avec les parents tous les dimanches n'est plus une obligation et peut même être une source de plaisirs! Aujourd'hui, si les valeurs transmises aux enfants restent essentiellement les mêmes, les relations parents-enfants sont, elles, établies sur une plus grande ouverture, une meilleure compréhension des désirs des enfants; une plus grande autonomie psychologique, et sur le respect et le bonheur de tous les membres, l'obéissance et le respect envers les parents n'étant plus les seuls devoirs des enfants. Et si les parents s'inquiètent de certains problèmes comme le sida et l'utilisation de drogues, ils accordent cependant à leurs enfants une assez grande liberté.
Un événement très important a permis cette véritable révolution sociale. L'industrialisation et l'exode rural qui ont suivi les deux guerres avaient commencé à transformer les structures économiques et sociales. Mais la rigidité des codes bourgeois, la hiérarchie qui marquait le monde du travail, le milieu académique et la famille étaient encore ceux de l'avant-guerre. Exprimant leur malaise dans une société qui leur paraissait archaïque, les étudiants ont manifesté parfois violemment, leur désir de changement en mai 68. Pendant les années qui ont suivi, les jeunes ont obligé leurs parents et leurs dirigeants à remettre en question leurs valeurs dans des domaines variés comme l'avortement, la liberté sexuelle (aidée par le développement de la pillule), la protection de l'environnement, l'éducation à la maison et l'école, et l'existence de barrières au travail entre les catégories professionnelles. Devant leur refus de la société de consommation et leur désir de retrouver la nature, les entreprises ont mis de nouveaux produits sur le marché, par exemple, des produits limitant le gaspillage des emballages et des produits "naturels." L'impact de cette révolution se fait encore sentir aujourd'hui dans le besoin croissant d'une bonne qualité de vie, dans la recherche du plaisir, visible par l'importance des cinq semaines de vacances et des voyages, dans l'utilisation plus fréquente du "tu", dans une plus grande ouverture d'esprit vis à vis de l'union libre et de l'homosexualité, dans le désir de retourner dans sa région et de retrouver ses racines ou encore dans les choix individuels en matière de mode comme de religion, puisque seulement 12-15% des Français sont pratiquants et suivent le modèle offert par l'Eglise Catholique. Le gouvernement accorde maintenant aux couples non mariés hétérosexuels et homosexuels, les mêmes droits fiscaux et en matière d'aide aux familles à condition qu'ils soient "pacsés", c'est à dire qu'ils ont déclaré officiellement vivre ensemble.
Ces changements socio-culturels se sont produits parallèlement aux changements économiques qui ont transformé la France d'une société rurale en une grande puissance industrielle, l'industrialisation faisant éclater les trois classes sociales, la bourgeoisie, les paysans et les ouvriers qui caractérisaient la société française jusque dans les années 50. Les 30 années de boom économique ont non seulement permis aux Français d'avoir un haut niveau de vie, mais ont aussi crée beaucoup de nouveaux emplois qui ont redéfini les classes sociales. Ce phénomène a donné naissance à une classe moyenne dominante qui a effacé en grande partie les séparations entre les classes. Cette nouvelle classe a également adopté de nouvelles attitudes notamment vis à vis de l'argent. Pour faire face à la concurrence d'un monde capitaliste, elle est devenue plus pragmatique, a oublié sa prudence et ses vieilles peurs ancestrales et a pris des risques, transformant ainsi la France en la 6ème puissance mondiale.
La modernisation de la France s'est faite très vite, trop vite pour beaucoup de gens qui ont eu du mal à s'adapter à tous ces changements. Il est donc naturel que les Français éprouvent également un certain malaise devant une société qu'ils ne reconnaissent pas. L'industrialisation a aussi apporté de nouveaux problèmes comme la pollution et le surpeuplement des grandes villes avec leurs banlieues périphériques parfois pauvres et donc devenues des lieux de délinquance.
Malgré ces efforts, la France n'arrive pas à résoudre son problème de chômage qui touche 9% de la population, en particulier les jeunes, les femmes et les immigrés, venus pour la plupart pendant les années d'expansion économique. Ces immigrés qui se distinguent des Français par leur physique, parfois par leur habillement mais surtout par leurs valeurs influencées par leur religion musulmane, obligent les Français à remettre en question leurs idées assimilationnistes. Un étranger voulant vivre en France comprend qu'il se doit d'adopter la culture française. Pour obtenir la carte de séjour, la loi oblige les immigrés à suivre 500 heures de cours de français et à passer un examen prouvant qu'ils peuvent fonctionner dans la vie quotidienne, la connaissance de la langue française étant jugée par le gouvernement comme essentielle pour s'intégrer mais aussi pour connaître ses droits. Contrairement aux Italiens, aux Espagnols, aux Portugais, aux Polonais ou aux Russes venus avant eux, un grand nombre des 6-7% d'immigrés arabes veulent préserver leur identité. Leurs enfants nés en France (appelés les Beurs) se trouvent alors devant un problème difficile à résoudre, certaines valeurs occidentales étant incompatibles avec celles de leur famille. Leurs difficultés à s'assimiler sont visibles, par exemple, dans les écoles publiques car elles sont laïques et la loi ne permet pas le port de grands objets religieux . Les jeunes filles musulmanes n'ont donc pas le droit de porter à l'école de vêtements traditionnels comme le foulard sur leur tête et une robe longue qui couvre tout le corps. Le principe de la laïcité des écoles publiques et celui de la séparation de l'Eglise et de l'Etat sont des principes fondamentaux pour les Français qui veulent les préserver. La présence de ces immigrés en France est devenue une question importante pour les Français, pour ceux qui se sentent menacés et qui voudraient les renvoyer chez eux mais aussi pour ceux qui s'inquiètent devant la montée du racisme de leurs compatriotes et des partis d'extrème-droite, un sentiment exacerbé par le terrorisme.
Cette question d'identité affecte également les Français. Elle a été soulevée non seulement par la présence de ces nouveaux Français, mais aussi par ce que certains appellent "l'invasion culturelle américaine." L'influence des Etats-Unis est aussi visible à la télévision, dans la musique des chanteurs à la radio, dans la rue, et dans la langue qui intègre beaucoup de mots anglais et qu'on appelle le "franglais". Un enfant n'entend plus certaines expressions comme "barrer la porte" ou "tuer la chandelle" comme ses parents ont appris de leurs grands-parents. Aujourd'hui, il apprend à dire "le look", "un email" et ses parents préfèrent parler de "stress" ou de "airbags" plutôt que de "tension" ou de "coussins d'air." Cette apparente "américanisation" de la France inquiète certains qui ont peur de perdre leur identité culturelle.
Aujourd'hui, être Français c'est aussi être Européen. Si les Français comprennent la nécessité de faire partie de l'Union Européenne pour faire face à la concurrence des Etats-Unis, ils s'inquiètent de plus en plus de perdre leur indépendance politique et économique car certaines décisions sont maintenant prises à Bruxelles, la capitale européenne, pas à Paris. Depuis le traité de Maastricht qui implique une plus grande union économique, sociale et monétaire en imposant une monnaie unique, les Français ont peur de perdre, entre autres, certains de leurs programmes sociaux, peur que le gouvernement confirme par les coupures de budget qu'il doit faire afin de réduire le déficit budgétaire, une condition stipulée par le traité.
Or, si le Français moyen accepte de payer 45% environ de ses revenus en impôts et en taxes de toutes sortes, il exige en retour que le gouvernement continue à jouer son rôle d'état-providence, rôle de plus en plus difficile à assurer en raison des problèmes démographiques causés par la baisse de la natalité et le vieillissement de la population qui augmente les dépenses de la caisse retraite et de la sécurité sociale.
Alors, devant ces nouvelles inquiétudes auxquelles s'ajoutent celle du sida (100 000 - 200 000 personnes séropositives) et celle de la pauvreté affectant une petite minorité d'"exclus" (plus d'1 million de personnes vivent grâce au RSA, le revenu de solidarité active pour ceux sans revenu ou ayant des bas salaires), les Français recherchent l'atmosphère et les saveurs du passé. Ils achètent de vieilles maisons qu'ils restaurent et redonnent de la vie aux villages autour des villes. Ils achètent encore leur pain dans les boulangeries car les boulangers se sont mis à faire du pain cuit "à l'ancienne", "au feu de bois", pour pouvoir faire face à la concurrence des supermarchés et garder leur clientèle. On assiste aussi à un renouveau de l'artisanat qui retrouve sa place dans une société devenue automatisée. Pendant leurs vacances, de plus en plus de Français recherchent les plaisirs simples des randonnées en montagne ou à la campagne, assistent à des festivals qui montrent la vie et les danses d'autrefois, chaque ville et village exploitant son héritage historique et culturel.
Enfin, les Français sont-ils heureux? Leur tempérament "râleur" qui les porte à tout critiquer, à toujours demander plus, les empêche parfois de l'admettre mais ils restent cependant de "bons vivants" et aucun mot anglais n'a encore remplacé l'expression "la joie de vivre." Selon certains sondages, 88% des Français se diraient heureux et seraient même les plus heureux d'Europe!
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